Les chiffres révélés de la violence sexiste

dimanche 4 mars 2007
par luette
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Une enquête réalisée en Seine-Saint-Denis en 2006 révèle l’ampleur des agressions sexistes, violences physiques ou sexuelles, dont les jeunes filles sont victimes dans la rue et/ou en famille, dans ce département de la région parisienne.

Selon cette première étude quantitative sur ce sujet en France, présentée trois jours avant la journée internationale des femmes, 23% des jeunes filles de 18 à 21 ans rapportent avoir subi au moins une fois dans leur vie (les 12 derniers mois exclus) des violences physiques (coups, menaces avec armes et/ou vols violents...) et 14% des agressions sexuelles (attouchements, tentative de viol et/ou viol).

L’enquête a été réalisée entre avril et décembre 2006 auprès d’un échantillon de 1.600 jeunes filles vivant, travaillant ou étudiant en Seine-Saint-Denis.

Sur les 12 derniers mois, 30% des jeunes filles affirment avoir été victimes de violences physiques et 5% de violences sexuelles.

Les agressions physiques sont intervenues dans la famille (11%), dans le couple (12%), au travail (11%), dans l’espace public (11%) et au lycée (10%).

Sur la même période, 60% des filles affirment avoir subi dans l’espace public (hors travail et écoles) une forme de harcèlement sexuel (suivies avec insistance, "pelotage", propositions sexuelles, exhibitionnisme).

Plus de deux tiers des auteurs de harcèlement ou agressions sexuelles sont des hommes adultes.

Les auteurs de violences physiques sont l’un des parents ou beaux-parents (37% des cas, dans lesquels ne sont pas comptées les "gifles éducatives") ou le petit ami (10%).

Commandée par l’Observatoire départemental des violences envers les femmes et le Conseil général, l’étude a été confiée à Maryse Jaspard, chercheuse à l’Ined, auteur de l’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF), menée en 2000 auprès des femmes de 20 à 59 ans.

Selon la chercheuse, les taux de violences physiques et sexuelles recueillis sont "deux à cinq fois supérieurs que pour la classe d’âge 19-24 ans de l’enquête ENVEFF".

"Ces chiffres montrent que les espaces publics et privés sont violents pour les jeunes filles", mais que "la parole s’est libérée" et que "le seuil de tolérance s’est abaissé", constate Mme Jaspard. Sept fois sur dix, une jeune fille victime d’une agression sexuelle en avait déjà parlé autour d’elle.

Une enquête similaire sera réalisée en 2007 auprès des garçons, a annoncé lundi le vice-président du Conseil général Gilles Garnier, lors d’une conférence de presse. "Pour s’attaquer aux problèmes, il faut commencer par ne pas se voiler la face", estime-t-il, annonçant un renforcement des actions de prévention des comportements sexistes.

Les résultats complets sont attendus pour novembre. Ils analyseront notamment les origines sociales des jeunes filles (dont 8% de nationalité étrangère, 62% des pères nés hors de la France métropolitaine).

La présidente de l’Observatoire, Ernestine Ronai, réclame une enquête nationale "car il n’y a pas de raison de penser qu’il s’agisse d’une caractéristique spécifique de la Seine-Saint-Denis".

AFP.


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