Pantalaskas de paul Paviot.

mardi 1er juillet 2008
par luette
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Paul Paviot est un réalisateur et scénariste français né le 11 mars 1926 à Paris. Ce cinéaste qui fit débuter Michel Piccoli dans "Terreur en Oklahoma", fut l’un des réalisateurs favoris de la revue de cinéma "L’écran français" au début des années 50.

En 1960, il réalise son premier long métrage Pantalaskas. Ce film raconte la nuit mouvementée de trois Français qui se sont donnés pour mission de sauver du suicide Casimir Pantalaskas, un immigré lituanien qui ne dit pas un mot de Français.

Les critiques de l’époque sont formelles, ce film est une réussite, et pour certain une pure merveille. Mais au début de cette décennie qui se terminera dans les brumes des révolutions avortées, l’air du temps n’est déjà plus au cinéma académique, et au réalisme classique. La mode est à la rupture. Au radicalisme. Et sur les écrans de cinéma de cette France enlisée dans la guerre d’Algérie, sort, au même moment que Pantalaskas, le film qui restera pour l’histoire du cinéma la marque d’un changement de moeurs et de génération, le cultisme A Bout de Souffle de jean Luc Godard.

Une page se tourne. La rupture s’opère. Il y a là en gésine les révoltes à venir. S’impose alors un anarchisme romantique, libertaire-petit bourgeois, parfois méprisant, souvent dédaigneux pour tout ce qui fut construit et modelé par le passé. De celui-ci faisons table rase se disent d’ailleurs les artisans de la révolte artistique. Faisons souffler le vent du renouveau insistent-ils. Nous sommes au début des années60, La nouvelle vague se gonfle de certitude,et finira par s’effondrer sur les ruines d’un temps révolu. Le film de Paul Paviot sera l’une des nombreuses victimes de cette déferlante.

Ce film au plus prés du réel, nuancé comme nous y oblige la nature humaine, avec pour seul vedette un scénario porteur d’un sujet universel, servi par des dialogues de Jacques Laurent Blost, digne dépositaire d’une grand savoir faire français comme celui de prêvert ou de Jeanson, n’avait certainement pas beaucoup de chance de figurer parmi les films tendance du moment.

Et pourtant, tout juste 50 ans après, les compères de miséricordes qui, dans Pantalaskas, divaguent le long des murs décrépis d’un Paris suranné, un Paris authentique loin des surboums, des tricheurs et des anarchistes millionnaires, comme le disait Michel Duran, critique de cinéma au canard enchaîné en 1960, nous apparaissent aujourd’hui comme indémodables et symboles d’une humanité contrastée.

Ecouter l’entretien avec paul paviot.


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