AZF : Silence TOTAL ou Silence d’Etat ?

Première diffusion : Mars 2008.
Le vendredi 21 septembre 2001, il est 10h17 à Toulouse quand l’usine chimique d’AZF explose. Un bruit d’épouvante déchire le ciel. D’où vient ce grand vacarme ?
Dix jours plus tôt, le monde entier assistait en direct à l’attentat du World Trate Center. Dans ce contexte l’explosion d’AZF apparait comme la suite logique. Impossible de ne pas penser à New York city et son amas de cendres. L’histoire se répèterait-elle ici, à Toulouse ?. Difficile de ne pas y voir le signe d’un attentat islamiste. On ne veut bien sûr pas y croire. Pourtant le bruit persiste. Et puis, il y a des faits curieux. Ceux qui nous ont été révélés par quelques journalistes.
Bien sûr, on se méfie de tout ce qui se dit. Comme souvent en pareil cas, le tam-tam des rumeurs rythme le tintamarre médiatique. Très vite les autorités se veulent rassurantes. Le procureur affirme qu’il est sûr à "plus de 90% qu’il s’agit d’un accident". L’affaire est entre les mains de la justice. L’enquête suit son cours. Il faut faire confiance, bientôt viendront les réponses, c’est sûr. Il y a une explication. Il n’y a plus qu’à attendre. Et puis il y a Total. Coupable évident, délinquant industriel notoire. Reste à le prouver. Facile de le claironner devant des micros et des cameras servils, plus compliqué de le mettre en musique. Dés lors, le système policier et judiciaire va tout faire pour tenter de justifier le bien fondé de la thèse initiale de l’accident. En vain. Au bout de plusieurs années, aucune des hypothèses avancées ne semble donner satisfaction. Le dossier est vide. Les zones d’ombres que nul n’a voulu en haut lieu éclaircir subsistent.
C’est cette parodie d’instruction judiciaire que le livre de Marc Mennessier, "AZF, un silence d’Etat" dénonce. Ce journaliste scientifique au Figaro a consacré plusieurs années d’enquêtes à la catastrophe d’AZF. Son analyse méticuleuse des faits, nous dévoile comment les autorités ont soigneusement privilégié la piste de l’accident chimique tout en négligeant les éléments de l’enquête qui auraient pu les mener sur celle d’un attentat.
Pour l’auteur, l’hypothèse d’un acte de malveillance à caractère islamiste, semble la plus crédible. Les faits qui sont révélés au fil de l’enquête sont en effet troublants, mais ils ne fournissent cependant aucune preuve qui permettrait de se faire une opinion plus ferme. Notons qu’à l’époque de l’enquête, Marc Mennessier fut accusé de servir les intérêts de Total. D’autres n’ont pas hésité à le présenter comme un raciste. Même si la thèse de l’attentat gène les convictions toutes faites de certains commentateurs qui n’ont même pas pris la peine d’ouvrir le dossier d’instruction, il était de la responsabilité professionnelle de tout bon journaliste de s’en préoccuper. Marc Mennessier n’a donc fait que son travail.
On pourrait s’étonner du silence qui accompagne la sortie de ce livre. Ce serait vite oublier qu’à l’époque de la catastrophe, les média dans leur grande majorité se sont contentés de relayer la thèse officielle, en se faisant l’écho des différentes inepties avancées par les enquêteurs sans remettre une seule fois en cause leur validité. Total comme coupable leur suffisait. Au mieux témoins, au pire sinistres petits juges, ils furent toujours prompts à vilipender tous ceux qui ne pensaient pas comme la meute... au risque d’écarter d’un revers de main les pistes qui auraient pu le mener à la vérité.
Rajoutons que ce livre, "AZF, un silence d’Etat", Marc Mennessier aurait du l’écrire en collaboration avec Anne-Marie Casteret, journaliste à L’Express. Connue pour avoir révélé l’affaire du sang contaminé, Anne-Marie Casteret était arrivée à la mêmeconclusion que celle défendue par le journaliste scientifique du Figaro. Gravement malade, elle est décédée avant qu’ils ne puissent aboutir tous les deux à l’écriture commune d’un livre sur l’affaire AZF.
Ecouter l’entretien avec Marc Mennessier.
1°partie :
Les hypothèses de l’accident chimique et la parodie d’instruction judiciaire
2° partie :
La thèse de l’attentat négligée.
Le site consacré au livre de marc Mennessier : AZF, silence d’Etat.
