valmy        Le pen à Valmy, merci les indigènes.

Les indignés de la République Acte 1, scène 2.

La gauche lui a laissé le monopôle de la nation. Aujourd'hui, l'héritier des cagoulards (1), peut sans complexe se revendiquer des principes républicains. La luette dans un billet d'humeur (2) intitulé "Tous républicain ?" avait déja signalé les envolées radsoc de Marine Le pen favorisée par la critique anti-républicaine des indigénes de la république and Co.
Un rappel historique destiné aux communautaristes qui vont des rebellocrates d'extrème gauche à Sarkosy était nécéssaire (3). La luette vous propose la lecture d'un article parut dans les colonnes du journal libération, le 19 septembre 2006.

Nous, citoyens et historiens de la Révolution, rappelons le sens du mot nation invoqué par les soldats de 1792.

Par Jean-Paul Bertaud professeur émérite, Paris-I, Michel Biard professeur à l'université de Rouen, Philippe Bourdin professeur, Clermont-II, Jean-Pierre Jessenne professeur, Lille-III, Claude Mazauric professeur émérite, université de Rouen et michel Vovelle professeur émérite, Paris-I.

Alors que Jean-Marie Le Pen s'apprête à utiliser Valmy, haut lieu de notre mémoire nationale, pour annoncer sa candidature à la présidence de la République , nous, citoyens et historiens de la Révolution, rappelons le sens du mot nation qu'invoquèrent les soldats de 1792 sous le feu de l'ennemi.
En 1789, une charge nouvelle, tout autant affective que relationnelle, s'attache à la nation. Détachée de la personne royale puis déclarée souveraine lors de la Fête de la fédération du 14 juillet 1790, cette nation rassemblait en France une communauté d'hommes libres et égaux en droit.
De toutes origines et de toutes confessions, ils acceptaient volontairement de vivre ensemble sous l'égide de lois votées par leurs représentants. Ouverte et généreuse, la communauté fondée sur le droit du sol reconnaissait Français non seulement les individus nés sur le territoire national de père français mais aussi les personnes nées en France de père étranger et y résidant et celles qui, nées à l'étranger de parents étrangers, habitaient en France depuis cinq ans de manière continue, y possédaient soit des immeubles, soit un établissement de commerce ou avaient épousé un Français. A tous était demandé un serment civique.
Les autres étrangers jouissaient des mêmes droits civils que les Français et pouvaient être naturalisés, pour des considérations importantes, par le pouvoir législatif. Sur la proposition de Marie-Joseph Chénier, l'Assemblée législative procéda ainsi en faveur de dix-sept étrangers, «amis de la liberté et de la fraternité universelle». Parmi eux figurait l'Américain Thomas Paine, qui fut élu député à la Convention par quatre départements!
La Marseillaise, chant de guerre et d'espoir pour toutes les nations qui cherchaient à naître, fit accourir de toute la planète des révolutionnaires armés pour défendre la patrie des droits de l'homme. Ainsi, à côté des Français, blancs ou hommes libres de couleur des Antilles, il y eut à et autour de Valmy des volontaires étrangers, belges, hollandais, allemands, suisses et piémontais et des généraux comme le Vénézuélien Miranda.
Sous le Directoire, le mot «nationalisme» apparut. Défini d'abord comme le «mépris des autres», il s'opposait au patriotisme, tout à la fois amour pour la nation française et fraternité offerte, sans distinction ni hiérarchisation entre voisins plus ou moins proches, à tout homme voulant travailler en France et défendre les valeurs de la Révolution.

(1) lorsque l'extrême droite préparait la chute de la république.

(2) De République, il n' y a plus. Les thuriféraires du neo-féodalisme s'égosillent contre un fantôme. Comme des cannibales, ils ont bouffé le cadavre, mais seuls les vrais carnassiers de la politique se régalent à la table des assassins et des antropophages. Le vicomte, dont les ancêtres catholiques chouans et vendéens furent viscéralement en lutte contre les valeurs universelles, entrepend les premiers entre-chats d'une danse macabre(*). Il fustige par racisme toute une catégorie du peuple français, et se sent pousser des ailes de républicain. On en est là. Mais le pire est à venir. Dans son livre "A contre Flots", la progéniture du populiste borgne peut aujour'hui sans sourciller citer et faire référence à Mendes France et Jaures... Il est bon de se servir sur la bête encore chaude (voir à ce sujet l'article "Marine Le Pen Radsoc?" de Sylvain Attal). Ils ont les meilleurs morceaux du cadavre... Ils n'ont rien volé, on leur a tout laissé...

(*)Exemple de la décrépitude intélectuelle de la gauche mouvementiste et des supplétifs de la gestion libérale du centre : la saillie délicate et pleine de compassion de Julien Dray, en réponse aux délires de De Villier. Le porte parole du PS n'a rien de trouvé de mieux que de pleurer sur l'islam, et a déclaré sur un ton martial "Cibler une religion est contraire à la République"... a bon? et depuis quand ?.

(3) République inachevé ou à jeter, un texte éclairant sur le syncrétisme idéologique que l'on décèle entre les positions de sociologue de gauche tendance "les indigènes de la république" et celle des libéraux français tendance sarkosy.