Avant Propos.

La luette se méfie des sirènes de la compassion victimaire et de la pitié dangereuse. La luette s'inquiète des accusations simplistes et systématiques, cela vaut pour un camp comme pour l'autre. Quand les pleureuses donnent le ton du débat public, il ne reste que des mouchoirs humides. Contrairement à l' agrégateur de contenu Rezo.net, la luette ne rechigne pas à se confronter à des pensées qui ne sont pas les siennes. La mal information réside le plus souvent dans le comportement timide de chaque consommateur d'actualité. Soucieux de conserver leurs certitudes, les lecteurs cherchent des informations là où elles ne risquent pas de déranger leurs propres convictions...



images-2       C'est ainsi qu'Allah est grand !



Les autorités tunisiennes ont interdit mercredi 20 septembre 2006 la diffusion du quotidien français Le Figaro daté de la veille. La saisie a été ordonnée en application d'une loi sur les atteintes à la religion, après la parution d'un texte "offensant" l'Islam. La Tunisie n'est pas réputé pour sa liberté d'expression. Les militants des droits de l'Homme y sont persécutés, des journaux comme Libération, ou l'Humanité y sont interdits, dernièrement le site de l'association A.I.M.E (D'ailleurs ou d'ici mais ensemble ) y fut censuré.

A en croire laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, la Tunisie tente de donner des gages à son opposition musulmane "Ces régimes arabes sans légitimité démocratique, comme celui de Ben Ali, ont tellement peur des intégristes religieux qu'ils tentent régulièrement de leur donner des gages. Je pense que l'interdiction du Figaro en fait partie."

L'article du Figaro qui semble être à la source de cette censure, est de Robert Redeker. Cet été, la Luette vous a donné la possibilité de découvrir le professeur du Lycée Pierre-Paul Riquet de Saint-Orens de Gameville, grace à une interview radiophonique qui date de 2001. Le Texte impie est intitulé "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?" (b). Cette tribune est une charge virulente et parfois maladroite contre l'Islam. Il y est dit que "la haine et la violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran" . "Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment", plus loin l'auteur enfonce le clou, "l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine". Concernant Mahomet, le prophète de l'Islam, l'auteur affirme : "Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran". Même si cette interprétation est discutable, mais historiquement véridique et accreditée par les travaux de l'orientaliste Maxime Rodinson, il n'y a aucune raison d'interdire de tels propos. C'est ce que pense Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, pour qui le Figaro n'a pas fait preuve de provocation, " C'est un point de vue avec lequel on peut ne pas être d'accord, mais qui doit pouvoir s'exprimer. Si demain, un texte mettant violemment en cause la religion catholique était publié dans un journal tunisien, est-ce que la France demanderait son interdiction? Non!
Cela ne veut pas dire que l'on est d'accord. Personnellement, je ne partage pas du tout le point de vue de l'auteur de cette tribune, Robert Redeker, mais il a le droit de le penser et le droit de le dire. Il faut arrêter d'avoir une peur panique du monde musulman. Les journaux doivent pouvoir laisser toutes les opinions s'exprimer
."

Deux fois censuré.

Robert Redeker n'en est pas à son premier coup d'éclat, c'est un récidiviste -diront ceux qui le jugeront d'être coupable d'un crime d'arrière pensée. En novembre 2001, Redeker rédige un article qui sera publié dans les colonnes du journal Le Monde. Tribune intitulée "Le discours de la cécité volontaire" (1) dans laquelle il critique déja l'Islam et ces idiots utiles. Tollé général.
En janvier 2004, le philosophe postule au poste de directeur de programmes au Collège international de philosophie, créé en1983 à l'initiative de Jacques Derrida et sous l'égide du ministère de la Recherche. L'un des membres du Collège adresse une lettre à l'ensemble de ses collègues afin de bloquer l'examen de la candidature du philosophe, coupable selon lui d'islamophobie. Redeker est écarté pour mauvaise pensée. Une censure passée inaperçue aux yeux de ceux qui sont si souvent sourcilleux en matière d'anastasie et de discrimination.

Peut on critiquer l'Islam, avec le Mrap et Alain Gresh ?

Il ne semble plus possible de mener une réflexion critique sur l'Islam sans qu'elle passe pour du racisme antiarabe. Aussi, l'Islam n'est plus seulement une religion, mais une idéologie en action. Peut-on encore en débattre librement ? Peut on exposer l'islam au feu de la critique, sans tomber sous la menace du mot-couperet cher aux islamistes: l'islamophobie.
En 2004, Louis Chagnon (2), professeur d'histoire, est trainé au tribunal par le Mrap, la ligue des droits de l'Homme et des associations musulmanes, pour avoir souligné à l'occasion d'un cour d'histoire le caractère criminel de Mahomet. Avant lui l'écrivain Houellebecq fut désigné comme un dangereux fasciste pour avoir déclaré dans une interview "éprouver un rejet total de tous les monothéismes", "...la religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran on est effondré... effondré!", "...L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition".
Des débats sur la loi contre les signes religieux à l'école où les laics favorables à l'interdiction de tous signes distinctifs furent traités de colonialistes racistes (3), en passant par l'affaire des caricatures (4) ..., la liste est longue d'exemples d'attaques frontales contre la religion coranique, toutes plus ou moins caricaturales et provocantes. On peut légitimement se demander si cette stratégie est efficace étant donné le contexte intrernational. Mais s'interdire de critiquer une religion pour ne pas heurter la susceptibilité de quelques bigots, serait un grave recul démocratique. Cette menace sur la liberté d'expression, ne semble pas émouvoir nos jansénistes sermonneurs si souvent irascibles et pressés de dénoncer les lois liberticides et policières.
Dés la publication de la tribune de Redeker, les séditieux de synthèse de l'islamo-gauchisme se sont manifestés. Le Mrap (5) s'est précipité pour menacer le philosophe et le Figaro d'un procés. Alain Gresh, sur son blog, a aussitôt vilipendé l'auteur islamophobe. L'islamophile Gresh est aussi bigleux face au totalitarisme vert, qu'il ne l'était quand il occupait le poste de responsable aux relations internationales du PCF, au temps ou les coquins cocos niaient la dérive totalitaire du communisme. Alain Gresh, qui sermonne beaucoup, accepte de participer à des colloques aux côtés d'islamistes radicaux, et préfère la compagnie des frères musulmans intégristes à celle d'un musulman modéré comme Soheib Bencheik (6), théologien musulman et ancien grand mufti de la mosquée de Marseille, mais moins médiatisé que Tariq (7). On regrette que les idiots utiles de l'islamisme radical ne soient pas aussi prompt à condamner l'oppression que subissent les chrétiens, les juifs, les libres penseurs, les femmes, les enfants..., dans des pays tels que la Somalie, le Nigéria, l' Iran, le Yemen, l' Afghanistan, l' Irak, l' Algérie, le Soudan.... les révoltés outrés sont atteint du syndrome de l'illusionné: être dupe, tout en étant dupe de rien.
Comme l' aurait dit Vialatte : "Et c'est ainsi qu'Allah est grand !"


La luette vous propose de la lecture:

A/ Un article de Fiammetta Venner " Quelques remarques..." publié sur le site Prochoix. Elle revient sur l'article de Robert Redeker et apporte des nuances nécéssaires.
Evidemment, la luette vous invite à lire trois tribunes publiées par le journal Le Figaro, ainsi qu'un texte de Pena Ruiz :
b/ Robert Redeker Intitulé "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre"
c/ Antoine Sfeir qui a pour titre "Non à ceux qui règnent par la terreur sur la pensée musulmane ! "
d/ La chronique d'Alain Gerard Slam "La nouvelle trahison des clercs "
e/ l'erreur de Benoit XVI écrit par Henri Pena Ruiz


(1) Le discours de la cécité volontaire.
(2) Lettre de Louis chagon.
(3) Nous sommes tous indigènes de la politique.
(4) Affaires de caricature sur le blog de Michel Renard, islamologue
(5) le mrap assure la defense de l'islam
(6) texte de Soheib Bencheikh "Ceux qui ne comprennent ni l’islam ni la liberté", Soheib Bencheikh est intellectuel et théologien musulman (né en 1961), bien plus fréquentable que Tariq Ramadan et ses frères musulman. Ancien grand mufti de la mosquée de Marseille, chercheur en science islamique et président du Conseil de réflexion et d'action sur l'islam (CORAI) et directeur de l’Institut supérieur des sciences islamiques (ISSI), Soheib Bencheikh est l'un des musulmans progressistes les plus connus en France... Son blog et son site.
(7 ) Frere Tariq