images-1       L'esclavage, toute une histoire.


Le 30 janvier 2006 le président de la république, Jacques Chirac, a décidé de suivre les recommandations du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage présidé par Mme Maryse Condé, en adoptant la date du 10 mai comme date de commémoration en métropole de la traite négrière atlantique et de l’esclavage dans les colonies. Cette date renvoit à l’adoption de la loi Taubira en France, qui stipule que la République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. Elle précise que les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à cette histoire la place conséquente qu'elle mérite.

Fruit d’une impressionnante mobilisation collective, le combat mené par certaines organisations qui se disent héritière de l'esclavage, n'a pas été sans heurs, approximations historiques et dérives communautaristes. Le comportement de concurrence mémorielle qui déchire le corps politique et dresse des groupes de victimes de l'histoire les uns contre les autres, n'en est que le triste symptôme.
Car, il serait stupide de minimiser les responsabilités des organisations concernées par ces luttes de reconnaissances historiques, sociales, et politiques. De l'appel des indigènes de la république en passant par la loi historienne reconnaissant le rôle positif de la colonisation, sans oublier les positions pernicieuses de l'humoriste Dieudonné, les débats houleux qui concernent l'histoire de la République sont souvent abordés sous l'angle de la morale. Certains on fait le choix de priviligier le manichéisme militant à l'interogation objective de la recherche, de favoriser la culpabilisation outrancière à la concorde républicaine, de facilier des comportements de victimisation angélique à la responsabilisation raisonnable.

Guidés par leur passion Le Collectif des Antillais, Guyanais et réunionnais, a assigné en justice l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, professeur à l'université de Lorient, pour avoir, dans une interview au
Journal du dimanche du 12 juin 2005 à propos de son livre, "les Traites négrières", nié le «caractère génocidaire» de l'esclavage puisque pour lui, le but des esclavagistes était de préserver la main-d'oeuvre servile, non de la tuer. De plus, le collectif attaque l'historien sur ses compétences, au motif qu'il analyse l'esclavage comme un «phénomène global», incluant traites atlantiques, arabes et africaines. L'enjeu réel de ce second point juridique est de taille, puisque Pétré-Grenouilleau démontre que les africains eux-mêmes ont été, pendant des siècles, non seulement victimes mais acteurs de la traite négrière.

Face à autant de passion, la Luette a décidé de faire un pas de côté en compagnie du philosophe Eric Lowen. Celui-ci a réalisé un véritabe travail d'historien sur la question de l'esclavage et de la servitude, préalable nécéssaire pour philosopher à bon compte sur l'homme et ses farouches penchants à faire le mal.




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